Son idée ? Repérer les loteries où le jackpot atteint au moins trois fois le coût total de toutes les combinaisons possibles. Prenons un exemple simplifié : si un jeu propose 3,8 millions de combinaisons et que chaque grille coûte 1 €, il faut investir 3,8 millions d’euros pour toutes les valider. Si le jackpot dépasse largement ce montant, l’opération peut, en théorie, générer un bénéfice.
Mais comment jouer des millions de grilles ?
C’est là qu’intervient son syndicat d’investisseurs, l’International Lotto Fund. Des milliers de participants mettent leurs fonds en commun. Des ordinateurs génèrent automatiquement les combinaisons, puis des équipes se chargent de les faire valider dans différents points de vente.
On est loin du ticket validé chez le buraliste en allant acheter son journal. C’est une véritable opération logistique, presque industrielle.
Le jackpot record en Virginie
En 1992, aux États-Unis, Mandel applique son plan à grande échelle lors d’un tirage en Virginie. Cette fois, le jeu comporte un peu plus de 7 millions de combinaisons possibles. Son équipe parvient à en valider environ 6,4 millions avant le tirage, en respectant l’ordre logique : génération informatique des combinaisons, impression des bulletins, puis validation progressive dans les points de vente.
Résultat : le jackpot tombe dans l’escarcelle du groupe. Une victoire spectaculaire qui marque l’apogée de sa méthode.
Mais cette réussite attire l’attention des autorités. Aucune illégalité n’est démontrée, mais les règles des loteries évoluent rapidement après cet épisode afin d’empêcher toute tentative de couverture massive.